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Archives Exposition septembre-novembre 2011

Du 24 septembre au 12 novembre 2011 - Longtemps je me suis couché de bonne heure / Mireille Laborie et Jean-Pierre Loubat

Mireille Laborie - Le travail de Mireille Laborie sur la matière et les lignes - qu'il s'agisse des lignes creusées à l'aide d'un stylet dans l'épaisseur de la peinture ou des aspérités créées par accumulation de la matière ponctuant les toiles - se réfère à l'écriture et au patient travail d'élaboration de l'oeuvre. Il entre en parfaite résonnance avec la fameuse page proustienne sur l'évocation du "petit pan de mur jaune" de la Vue de Delft de Vermeer qui "était si bien peint, qu'il était, si on le regardait seul, comme une précieuse oeuvre d'art chinoise, d'une beauté qui se suffirait à elle-même" et devant lequel Bergotte, le personnage d'écrivain de la Recherche, s'exclame quelques minutes avant de succomber à une attaque "C'est ainsi que j'aurais dû écrire. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en ellemême précieuse, comme ce petit pan de mur jaune."

Jean-Pierre Loubat - Décision soudaine de faire un crochet "Du côté de chez Swann" Ce n'est qu'à la sortie du village qu'il fit quelques photographies, au Pré Catalan, le joli parc bordé de haies d'aubépines de l'oncle Amiot traversé par Le Loir qui y forme de petits étangs, couverts d'une végétation aquatique vert tendre.
De cette expérience et des ces quelques clichés est ensuite née l'envie de relire la Recherche et de cette lecture a surgi le désir d'aller plus loin, dans les pas de Marcel Proust, pour capter les derniers vestiges d'un temps qui n'était plus. Photographier donc pour témoigner et retenir encore un peu le temps, faire acte de résistance à l'oubli et comme le dit Baudelaire sauver "les choses précieuses dont la forme va disparaître et qui demandent une place dans les archives de notre mémoire".

Extraits du catalogue de l'Exposition - Texte de Martine Guillerm