Expositions

© Oeuvre de Marc Nucera.   Prieuse - chêne 2016.

© Marc Nucera. Cocon - chêne 2016.

Marc Nucera

 

On est pourrait-on dire, possédé quand seules les émotions fortes, la fulgurance, amènent le geste. Seul le corps fait acte cherchant « antre » matière. Il y a la fougue, les larmes, l'idolâtrie, ses croyances, ses vanités, ses pulsions de vivre lucide et de voir au travers, voir au-delà de ., sans précepte, principe ou loi définis.

La matière, elle, s'offre dans sa totalité, se dévoue. On y imprègne nos prières, nos rêves insoumis, nos désirs profonds d'être libre, d'être qui l'on est.

Une révolte pour vouloir croire en une humanité. Vouloir croire que la poésie, ce sont des actes sacrés, que les Arts vrais, sont l'Avenir.

Car le langage du cour démontre l'existence d'un monde parallèle, indissociable de notre réel. Notre rôle actuel est de montrer le possible dans l'avenir du rêve et j'aimerais exprimer plus encore.

Poème - Marc Nucera

 

Repères biographiques

Née en 1966, vit et travaille à Noves

Fils d'un ébéniste passionné, Marc Nucera a hérité de son amour de la matière. "Chaque essence a ses qualités et procure des plaisirs différents", explique-t-il avec une sensualité que l'on sent au bout de ses mains. "J'ai commencé par prendre soin de patriarches, des sujets séculaires, comme ces oliviers de l'oliveraie de Saint-Laurent-du-Var, où j'ai débuté. Mais je m'attache aussi à d'autres essences comme le chêne, un bois dur, noble, avec des veines qui dessinent des motifs intéressants. Le cèdre dégage un parfum qui vous envahit les narines. Parfumé lui aussi, le cyprès, indissociable de la région, atteint des records de longévité. Son bois, imputrescible et éternellement vert, symbolisait l'éternité dans la mythologie égyptienne. Autre arbre du coin, l'amandier, jamais très grand, a un port un peu tordu et une allure tragique qui lui vient de l'aridité du sol. Et puis il y a des arbres rassurants, comme le tilleul. Son épanouissement sans contrainte dessine des coeurs, des globes, des pleins et des déliés. Il respire majestueusement. Sa géométrie naturelle est parfaite."
Après avoir sculpté le vivant "in situ", cet amoureux du bois se lance dans le travail de troncs morts de différentes essences qu'il érigera en cariatides, tournera en anneau de Möbius, façonnera de façon abstraite : sphère monumentale, forme molle ou fière colonne, torsades, fourches ou hommages à Arp et Brancusi. Parfois, la forme se fait fonctionnelle et la masse du tronc est creusée pour former un fauteuil.

Très jeune, Marc Nucera a eu le privilège d'oeuvrer dans de somptueux domaines dont les propriétaires ont marqué son parcours. Ainsi rencontra-t-il la styliste Nicole de Vésian, la mère des carrés Hermès. "Déjà assez âgée quand je l'ai connue, elle avait un charisme intact. Dans les petits jardins infiniment raffinés qu'elle créait, elle assemblait des patchworks végétaux. Sous son inspiration, les tapis de plantes devenaient étoffes, les touffes édredons. C'est elle qui m'a montré que la taille en taupière pouvait avoir une grande fluidité invitant à la caresse. J'ai proposé à Nicole de Vésian de mettre en aérien ce qu'elle réalisait en tapis." Au-delà des connivences avec le végétal et l'espace, l'humain reste le moteur du grand oeuvre de Marc Nucera paysagiste, artisan, sculpteur.

Affinités ligneuses - Marie Pok