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Le Midi-Libre - Article de Stéphane Cerri
Exposition janvier 2015. Astrig Boissier et Mike Schuijt.

Galerie Deleuze-Rochetin à Arpaillargues - Uzès

Du 12 janvier au 14 mars 2015
Exposition avec Astrig Boissier et Mike Schuijt

 

Il n'est pas étonnant que la première réaction de beaucoup de spectateurs devant les créations picturales d'Astrig Boissier soit de penser à un travail photographique. Il semble qu'Astrig joue avec beaucoup d'habileté d'un art très subtil de s'approcher du figuratif sans jamais s'y complaire. Elle en joue même de façon à se leurrer elle-même en se donnant l'alibi solide de sa technique. En effet, la façon dont elle travaille, pour autant que ses explications m'en aient vraiment dévoilé le processus, interdit à l'évidence tout projet précis concernant le résultat final. Il n'est pas question pour autant d'une démarche de type aléatoire, d'une sorte d'écriture automatique. Tout au long de la création, qui peut durer de longues heures, l'artiste reste seule décisionnaire de son geste.Elle ajoute ou enlève de la matière, elle mélange des couleurs, efface, reprend, recouvre, gratte et racle puis repasse d'autres couches pour souvent abandonner en désespoir de cause. Ainsi, un tableau achevé est toujours un compromis entre la contingence de la matière picturale et la nécessité de l'artiste. Mais cette nécessité de l'artiste reste de bout en bout mystérieuse, inexprimable autrement que dans le geste créateur.

Bernard Péchon-Pignero

Mike Schuijt exprime son plaisir du jeu à travers ses mobiles où il utilise le métal, les couleurs fortes, l'or et l'argent. Récemment fasciné par la rouille, « sang du métal », il explore avec ses « rust paintings » le processus créatif d'un matériau en perpétuelle transformation.