Exposition mars 2014. Cédric de Batz, Yoan Armand Gil, Augustin Pineau.

Illustration : Thomas Edison
Sioux ghost dance in the black maria, 1894

Galerie Deleuze-Rochetin à Arpaillargues - Uzès

Du 31 mars au 10 mai 2014
Exposition Plumes de cheval avec Cédric de Batz, Yoan Armand Gil et Augustin Pineau

La Galerie Deleuze-Rochetin a choisi de rapprocher le travail de trois artistes au sein d’une même exposition :

Cédric de BATZ est un peintre patent. Son œuvre réussi la synthèse sans faille entre des thèmes très contemporains, des références actives à des systèmes de pensée ésotériques et un savoir-faire classique.
Ses préoccupations sont centrées sur l’existence de l’homme, la part sombre de la vie. Il dépeint un état du contexte actuel avec les outils d’un didactisme atypique mêlant le dogme biblique - l’Apocalypse - et la renaissance alchimique, dans un imaginaire où triomphent les images. Le sens n’est pour autant pas scellé. Le fourneau alchimique est toujours actif. Les titres des œuvres exposées sont éloquents, Nuages de gaz pour la série des papiers, Les gazouillis de la gazoline ou Les premières matières, pour les toiles. Les surfaces de ses peintures exposent un ensemble de faits, comme un présent en attente de perdition. Notre monde est dominé par un Enfer, qui a aujourd’hui pour nom pétrole, gaz, industrie atomique. Un univers bouleversé, brûlant, menaçant et sans ordre que le peintre saisit dans une vision d’ensemble, telle un paysage panoramique.

Chez Yoan Armand Gil, l'oeuvre résulte de bricolages protéiformes maniéristes.
Au travers de performances, sculptures, films, collages, dessins, archives et éditions, il étudie la pensée magique dont la mnémotechnie est en quelque sorte le langage. L'oeuvre fonctionne comme un rébus et un « imago mundi » symboliquement riche, où l'arbre par exemple très présent est un équivalant du jardin primordial, le « Urwald » perdu, l'Eden mais également la mélancolie du jardin hivernal saturnien, celui de Priape dédaigné par Venus. Si l'on se laisse prendre à cette promenade étrange et mystérieuse, la présence constante de l'indéterminé a pour effet, dans le même mouvement, d'annuler et féconder les principes contradictoires. L'Ambiguïté dissimulée au coeur de la représentation nous fait appréhender conjointement comme familier et étranger, comme attrayant et répugnant, l'objet de notre inquiétude.

Wunderkammer, chambres des merveilles portatives, les Théâtres de la mémoire d’Augustin Pineau rassemblent des choses importantes, serrées dans un contenant réservé à cet effet, boîtes aptes à ouvrir, dans un espace minuscule, un chemin mental mettant en action des alertes mnémotechniques et historiques, une manière onirique de voyager. La passion de jouer, d’accumuler l’hétéroclite et le goût pour la mémoire s’organisent en une œuvre d’art ciselée à vif. L’artiste engendre des associations mémoratives, des mouvements et des déplacements de significations, en fusionnant le contenu et la forme.